lève-toi malgré ton brancard, prend le taureau par les cornes, et vis ! ou Le tétraèdre du bonheur
7ème dimanche TO B
Mc2, 1-12
lève-toi, prends ton brancard, et marche
lève-toi malgré ton brancard, prend le taureau par les cornes, et vis !
Le tétraèdre du bonheur
J'aime ce récit de guérison, par ce que pour une fois, on peut y croire ; on n'est pas dans le seul extra-ordinaire du miracle miraculeux qui renvoi à la divinité de Jésus, mais il me semble qu'on est dans le réalisme du salut ordinaire.
Ainsi donc , un homme souffre, il souffre tellement que ça le paralyse ; et ça le paralyse tellement qu'il est coincé dans l'approche même de Jésus... trop compliqué... trop loin, trop de gens autour de lui qui vont bien.... qui font obstacle
(entre parenthèse, ma hantise, c'est que nous communauté chrétienne, on soit comme la foule, qu'on ne voit plus que nous, qu'on étouffe Jésus lui-même... qu'on empêche ceux qui ont besoin de Jésus d'approcher ; faisons-bien attention, ça nous pend au nez !
Alors que au contraire, il y a lieu de se faire les porteurs vers Jésus lui-même ! C'est ça l'évangélisation, la transmission de la foi, la rencontre de Dieu...
autre question : quand c'est moi qui suis paralysé, est-ce que j'accepte de me laisser porter ? Est-ce que je suis capable de mettre mon satané orgueil de côté, suis-je enfin capable de me reconnaître d'une manière ou d'une autre vulnérable, et d'être porté par ceux qui m'aiment?)
pour approcher Jésus, il faut faire un détour, la voie droite, le buldozer frontal, est un chemin bloqué, coincé, bouché.
Alors, le détour c'est de passer 'par le haut', c'est toujours comme ça qu'on s'en sort, indirectement, et par le haut, par le chemin de Dieu, qui va du ciel vers la terre, par le chemin de Dieu qui perce un passage là où c'est coincé.
Le miracle, il est étonnant de réalisme. Jésus ne dit pas que l'homme n'aura plus rien de lourd à porter ; Jésus ne dit pas qu'il ne va plus souffrir, Jésus ne dit pas qu'il va tout effacer, Jésus ne dit pas qu'il n'aura pas d'effort à poursuivre....
il dit à l'homme de prendre son grabat ; il lui dit :
« mon ami, le salut est entre tes mains : prends le taureau par les cornes ; attrape-le ton p..... de grabat et marche avec.
Ma puissance de salut, c'est de te dire avec une voix douce et ferme, que tu peux marcher, tu peux oser l'incroyable, par ce que c'est moi qui te dit de le faire. »
« lève toi »
c'est la parole de salut !
Le verbe fait chair, il parle aux hommes coincés, et il leur dit d'oser vivre debout, quand bien même une épreuve les cloue couchés.
C'est la puissance de la parole d'amour qui fait croire, qui fait espérer, qui fait se lever.
Bien sûr, ce n'est pas tout le temps le drame dans nos vies. On oscille entre périodes heureuses, périodes de doutes, pétriodes nquiètes, périodes de constructions, péridoes de préparations, de décisions, de choix, et de vie simple ;
mais quand-même, c'ets bien souvent qu'au mileiu de tout ça, il faille oser avoir la foi, la foi en nous-même, la foi en l'amour, la foi en Dieu.
Et Dieu ne nous aide pas en gommant les obstacles, ils nous aide à croire qu'on peut vivre avec, qu'on peut marcher malgré tout. Et que peut-être c'est ça être heureux.
Ce « malgré tout » est-il un renoncement à la vie belle qu'on a envie de vivre ? Est-ce une façon d'appréhender le bonheur pour des vieux blazés, des plus de 30 ans ?
Peut-être que ça peut ne pas vous donner envie. Pourtant, ça me semble pas stupide. Je m'explique.
C'est un peu comme si il y avait un triangle en 3D, 4 pôles, un tétraèdre : réalité de ma vie, idéal, le monde, et Dieu ; équilibre, bonheur harmonie au milieu.
être adulte, être heureux ;
non pas real politik du bonheur, non pas remiser ses ambitions au placard, mais prendre en compte tout cela et trouver sa façon à soi d'être fidèle à ces 4 paramètres ; si l'on oublie l'un d'eux, à mon avis on n'est pas heureux ; il y a un enjeu à trouver un espèce d'équilibre entre ces 4 points ; et vivre c'est passer sa vie à renégocier sans cesse son juste positionnement ; ça n'est jamais acquis. Et c'est très bien que ça soit comme ça ; c'est un peu fatiguant, mais bon sang, comme c'est passionant que de vivre sa vie comme une belle aventure !
Si j'enlève le réel de qui je suis, si je cherche à être ce que je ne suis pas, pa ce que me fuis ou que je me rêve ; ça ne va pas.
Si je me contente de qui je suis, sans me laisser appeler à aller un peu plus loin que ce que je connais de ce que je peux/je suis, je ne vais pas avancer, je vais explorer mes capacités d'être , ni découvrir que je suis plus que ce que je croyais être
si je ne prends pas en compte le monde qui m'entoure, je vais vivre replié sur mon nombril, je vais finir par devenir égocentré et égoïste ; au lieu de me rendre compte que l' avec le monde et les autres m'aide à devenir moi-même, à trouver ma place dans le monde, et peut-être même un sens à ma vie.
Si j'oublie Dieu alors-même que le connais, ou l'ai connu, je me coupe délibérément de ce qui transforme mon triangle plat en qqe en 3D, en qq qui a de profondeur, de la hauteur , de l'épaisseur, je me coupe du mystère de l'existence ; c'est pas forcément confortable ; et alors ; le risque est de perdre le goût de la vérité de la vie humaine.
oui je suis un homme blessé, oui je suis vulnérable ; mais sauf de manière exceptionnel, ça ne tue pas
de là à dire comme les africains, ce qui ne tue pas rend plus fort... non la souffrance n'est vraiment pas à rechercher ; vous inquiétez pas ça vient suffisamment tout seul
oui, je suis un homme qui porte les traces de ce qui l'abîme, de ce qui l’empêche d'avancer, de se lever ;
mais en cela encore, je suis comme le ressuscité, qui porte les traces de la crucifixion.
Ainsi, mon grabat n'est pas une tare, il peut être l'instrument de mon salut, de mon relèvement, du fait que je marche, malgré tout cahin caha, et que je peux dire : merci , la vie est belle, malgré la souffrance, merci Jésus, tu m'aides à l'aimer pour de vrai. Et c'est beau !
Amen.
annonces :
-
mercredi des cendres, 19h +bol de riz ?
-
Carême, partage concret : denrées alimentaires, collecte chaque semaine ; tract
-
dimanche prochain : démarage projet étudiants/campus
-
inscription pélé du Puy, pélé spi, faire un truc tous ensemble, vivre 36h pour Dieu pdt votre carême,...
















